Le boldu

Le boldu

« Le boldu croît naturellement dans les forêts du Pérou. Il n’a point encore été apporté en Europe mais il est probable qu’on pourrait l’y cultiver, avec quelques précautions » Encyclopédie méthodique d’agriculture, 1791


Confiteor

Publié par le boldu - blog littéraire sur 12 Avril 2016, 13:46pm

Catégories : #lectures, #Critiques

Confiteor

Confiteor est un livre de Jaume Cabré qui est paru en Catalogne en 2011, puis en France en 2013. A première vue, il n’avait pas grand-chose pour me plaire. Par malchance, je n’ai jamais trop apprécié ce que je lisais chez Actes Sud… C'est une généralité grossière, mais dont bien peu de livres sont parvenus à me délivrer à ce jour (à part quelques traductions). Je l’ai ouvert par curiosité, un jour, et je ne l’ai plus lâché. Le personnage du narrateur est très attachant. C’est une sorte de surdoué, virtuose par obligation, à cause de la pression que lui mettent ses parents pour réussir. Il finit par ne plus savoir aimer. La progression de son enfance, dans une ambiance sans affection, entourée par ses deux parents qui ne jurent que de faire de lui un grand violoniste, m’a beaucoup plu. Il rencontrera par la suite une sorte d’alter ego, Barnard, qui lui sait coucher sur le papier ses fantasmes mais devient un écrivain médiocre.

De son côté, Adrien publie plusieurs volumes de ses pensées sans parvenir à jouer de son instrument. Le style est volubile, élégant, psalmodié. Il n’y a qu’une chose qui m’a chiffonné : les nazis... Je trouve qu’il y en a trop. Certes, son auteur n’est plus tout jeune, et il a probablement davantage de légitimité pour en parler que ceux qui n'ont pas forcément vécu cette époque. Mais près d’un sixième du texte est habité par une habile reconstitution des camps de concentration qui ne m'a pas paru complètement à sa place. Alors voilà : vous êtes tranquillement en train de lire votre roman, porté par une histoire qui vous plaisait, avec des personnages qui vous stimulent, et qui voilà ? au détour d’une phrase (ou bien coincés entre les mailles d’un paragraphe) : les nazis ! Je me demande s’il n’y a pas prescription en la matière. Entendons-nous : Je ne dis pas qu’il ne faut pas parler de la seconde guerre mondiale, ni des nazis. Je me demande seulement pourquoi tant d'auteurs s’en servent encore aujourd’hui comme l’incarnation du Maaal absolu. J’ai l’impression que l’on savait mieux se moquer de ces choses-là avant, que nous ne le faisons aujourd'hui… D'après Zinoviev, la façon que nous avons de huiler les rouages d’une société robotisée à l'excès pourrait faire penser à celle des petites mains qui huilèrent parfois, sans le savoir, les machineries de mort concentrationnaires du régime nazi. De là vient, peut-être, le fait que nous nous sentons si concernés... Quoi qu'il en soit, Confiteor est un excellent bouquin.

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