Le boldu

Le boldu

« Le boldu croît naturellement dans les forêts du Pérou. Il n’a point encore été apporté en Europe mais il est probable qu’on pourrait l’y cultiver, avec quelques précautions » Encyclopédie méthodique d’agriculture, 1791


David Foster Wallace (1)

Publié par le boldu - blog littéraire sur 19 Mai 2016, 13:52pm

Catégories : #Critiques, #Séries

Selon moi, David Foster Wallace est, avec Roberto Bolaño, l’un des auteurs du continent américain les plus importants du siècle dernier. Tous les deux ont écrit des livres ambitieux, qui entendaient embrasser le monde dans son entier. Ils y sont parvenus. Ce sont parmi les derniers auteurs à recréer un univers dans sa globalité, à l'heure où l'imagerie postmoderne nous intime généralement sa vision effilochée, composite, et comme diffractée du monde. Par comparaison avec la majeure partie de notre production littéraire française, cela relève de la bravade. Seuls quelques auteurs s'escriment encore chez nous à essayer de créer un monde qui ne soit pas du « style ». Dans sa première œuvre (La fonction du balai), cette ambition se traduit déjà chez Foster Wallace par sa volonté d'édifier un univers qui soit personnel et englobant (en l'occurrence, une ville dont la topographie évoque le visage d'une pin-up des années 60). Il en est de même pour la plupart de ses nouvelles - dans Brefs entretiens avec des hommes hideux. L'ouvrage aborde des sujets comme la dépendance sexuelle, le grand-guignolage moderne, la dépression, ou encore un western bollywoodien kitsch... La plupart de ses autres écrits pour le moment publiés en France sont plus expérimentaux. Ses essais (regroupés dans Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas) recèlent la touche inventive et le surplus d'intelligence de cet auteur torturé qui supplante de bien loin, à mon avis, ce qui se fait aux USA depuis une bonne vingtaine d'années.

A venir : Le bandana (2)

Infinite Jest (3)

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