Mljet
Publié le 15 Septembre 2015
S’il était possible de comparer un endroit à un parfum, je dirais que l'île de « Mljet » s’apparente au parfum d’un grand vin. Tout au long de ma traversée, j’ai eu l’impression de mettre mon nez dans un verre de grand cru. De préférence méridional, avec des arômes de zan, d’eucalyptus... L'île est fauve et exubérante. Dès le débarcadère, on sent que tout y est olfactif. Comme les animaux, c'est un endroit d’instinct. Je m'y suis senti sans arrêt aux aguets. Odeurs de pins, de garrigue, de résine. On voit que le soleil a joué son rôle dans l’exubérance de cette nature bouillonnante. Il a usé les troncs, excité les insectes. Tout bruisse, tout craquette... L’originalité de l'île de Mljet est de comporter un petit lac d’eau tiède qui titre rarement en dessous des 30°C. Il est alimenté par des courants de mer chaude, qui changent toutes les six heures de sens. Je m'y suis baigné, on dirait l’eau du bain ! Ça rajoute à cette impression de nature luxuriante. On ne se sent jamais sur le carreau. On marche sous des quintaux de cagnard. Au loin, un petit monastère qui date de l’époque romaine scintille sur son îlot. Sa silhouette est miroitante. On raconte également que l’île de Mljet aurait été visitée par Ulysse, à l'époque de son célèbre périple. C’est cela dit le cas de tout un tas d’endroits dans la Méditerranée. Il en aurait tiré, si c'était vrai, un vin inouï, fait de subtils arômes de cèdre, de menthol et d'humus – qui font toute la noblesse et le bouquet de cette capiteuse île de Mljet.
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