Maligny

Publié le 24 Septembre 2024

     J'arrive dans la maison de villégiature de la famille D. Je m’empresse de prendre la température : tiédeur lourde, arbres et gazon terrassés par la canicule, potager famélique. Prophétie de ce que mon voyage laisse augurer. A partir de maintenant, rien ne sera plus comme avant. Que ce soit par le biais de mon regard, ou celui des paysages que je traverserai, tout changera. Les arbres se dénuderont, les rivières s’assécheront. Les villages auront été désertés. Et je ne pourrais faire autrement que de l’admettre : ça a été. C’est probablement la raison pour laquelle je pars : lassitude de la capitale, et immuable redondance des caractères qui s'y rencontrent. Paris est une ville finie pour moi. Elle s’est définitivement perdue dans l'obsession de la fête et le contentement de soi. Cette obsession des grandes capitales qui ne savent plus comment faire pour exister. J’attends beaucoup de choses de ce voyage. J'en attends probablement trop. Mais c’est une chose à laquelle je suis habitué et que je m'efforcerai de combattre, par le mouvement.

 

(2003)

Rédigé par le boldu - blog littéraire

Publié dans #Journal

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