L’aube

Publié le 1 Avril 2025

Il fait froid, noir, et j’entame mon dix mille six cent cinquante-septième jour de vie humaine

Les rues sont vides, traversées simplement par la silhouette de quelques passants, qui semblent se détacher sur la devanture des boulangeries allumées

Sur le terre-plein central, une camionnette verte de la voirie municipale balaie les mètres carrés de chaussée qui se trouvent au-devant d'elle, d’un jet d'eau puissant et revigorant

Quelques passants s'activent, en talons hauts et tennis souples – qui avaient cru se réfugier à l’abri de l'averse mais que leurs pas pressants de citadins pressés engluent presque irrésistiblement dans le bourbier des rues

Le ciel est gris, d’un gris de cendre mouillée, et il paraît se répandre partout, dans les regards, dans les visages, dans les fenêtres, un peu comme une outre pleine qui déteindrait sur la ville

Le jour n’est pas encore levé que déjà, les réverbères s’éteignent

Des roucoulements de pigeons s’échappent par le auvent des cours intérieures grises

C’est l’aube.

Rédigé par le boldu - blog littéraire

Publié dans #Poésie

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