Top articles
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Un rêve carcéral
J’ai fait un rêve étrange. J’ai rêvé que j’étais veilleur de nuit dans une prison bizarre, où les détenus étaient libres de leur mouvement. Ils passaient de cellule en cellule, comme ils voulaient. Ou bien vaquaient à leurs occupations. Je ne me souviens...
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Le pont
J’étais droit et froid, j’étais un pont, j’enjambais un gouffre, de ce côté étaient plantés les pieds, de l’autre les mains, je mordais fermement dans la glaise qui s’effritait. Les pans de ma robe flottaient sur mes flancs. Dans les profondeurs coulait...
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Le dépérissement de l'expérience
Jean Vigo s'adressant à François Truffaut : « Vous avez l'essentiel, jeune homme, il vous manque le superflu ! » « Dans les mouvements que les machines exigent de ceux qui les font marcher, il y a déjà la brusquerie, l'insistance saccadée et la violence...
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Gratuité
« La vie est un dur problème, j’ai résolu de consacrer la mienne à y réfléchir. » Schopenhauer Tout ce qui m’intéresse s’appelle la gratuité Je n’ai jamais cherché que cela Dans la vie, dans la littérature, partout Je ne sais même pas si cela existe Mais...
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Lumière est la nuit
Lumière est la nuit Pour celui qui veille Dans les ombres salines D'un hôtel de charme Lumière est la chaleur Du repos qui l'attend Sur la vieille banquette Parmi le vent des fleurs Lumière est leur parfum Lumière est leur odeur Silence est leur éclat...
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Formalisme, Nihilisme, Solipsisme
Il y a quelques années, un essai de Tzvetan Todorov est sorti pour pointer du doigt les maux dont souffrait la littérature contemporaine française. Il résumait sous ces trois dénominations citées plus haut les tendances que notre société nombriliste avait...
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L'extinction
Ce monde est terminé Bien malin qui le nie Par quel ressort de la pensée parvient-il à ne pas s'en rendre compte ? Ce monde est terminé Ce n'est pas moi qui le dis Nous en sommes tous les maîtres-artificiers J'en accuse simplement réception Dans ma main...
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Les poèmes
Je n’ai jamais composé de poèmes en été. L’éclosion des fleurs, leur épanouissement avaient à mon goût quelque chose de trop sensuel. En été, j’étais triste. En automne, une mélodie s’élevait sur le monde. J’étais amoureux du brouillard, de la lumière...
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Nous autres
« Manifestement, vous avez développé une âme. – Une âme. Mais... en fait, de quoi s'agit-il exactement ? Je ne me... représente pas bien. – Ecoutez... Comment vous faire comprendre... Alors, prenez un plan, une surface – tenez, ce miroir. A sa surface,...
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Extension du domaine de la page
« Je crois que la littérature a cet effet miraculeux de faire se sentir les gens plus proches les uns des autres. J'en parle justement dans un essai sur lequel je travaille actuellement : un des mystères de la littérature est que la substance personnelle,...
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Les terrasses de Katmandou
Au coeur de Katmandou, se trouvent des terrasses A toutes les hauteurs du quartier de Tamel Comme une pièce montée que, par défaut de place, On aurait juchée là, entre terre et le ciel On croirait des volières, montées sur pilotis, Emergeant d’une crue...
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« Tout se répond. La lecture des classiques, qui ne parlent jamais de soleils couchants, m’a rendu intelligibles bien des couchants, dans toutes leurs nuances. Il existe un rapport entre la compétence syntaxique, qui permet de distinguer les différentes...
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LA LETTRE DE CANDIDATURE
Messieurs, Jeune homme pauvre du nom de Wenzel, commis de comptoir sans emploi, et cherchant une place à ma convenance, je me permets, par la présente, de vous demander très courtoisement et poliment s'il ne s'en trouverait pas une de libre dans vos agréables...
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Géométrie du ciel
J’ai un carré de ciel, au-dessus de ma tête Qui me dit s’il fait beau, ou s’il pleuvra peut-être, Dans ma vieille mansarde, projeté par les fenêtres J’ai un rai de soleil qui va, vient et s’arrête Pour peu que le temps mue, mon carré se transforme En...
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Vision d’enfance
Toi, mon fils, Pure joie Pure « Remembrance » Lorsque je te repose seul au milieu des grands Toi haut comme trois pommes Si frêle et insignifiant parmi les autres adultes J’ai la vision, quelquefois, en te regardant De moi-même seul au milieu des grands...
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Les fenêtres
Dans l’immeuble où je vis on voit par la fenêtre Les fenêtres des autres serrées autour d’une cour Intérieure pavée recouverte de salpêtre Sur laquelle glissent doucement toutes les lueurs du jour Lorsque le soleil brille c’est un jeu de miroirs Qui parlent...
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Petit poème de nuit
Longtemps je vous ai aimés Regardés Convoités Mes enfants qui me manquez Pendant ces nuits d’attente Derrière mon petit comptoir J’officiais en tant que veilleur de nuit Je ne veillais sur rien d’autre Que sur vos cœurs, mes enfants, J’étais déconcerté...
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Quand tes colliers de perle...
Quand tes colliers de perle et tes colliers de verre Glissaient le long des hanches, et de tes mollets nus Qu’ils parcouraient ton corps comme des courants d’air Qu’à peine j’attrapai – ils avaient disparu Quand tes colliers de perle et tes colliers de...
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Sur la déploration
« J'aurais alors réussi à faire entrer notre nostalgie dans un troisième âge. Celui de l'après-ironie, où la tristesse de la perte* s'apaise et laisse la place à l'enchantement d'une seconde nature, où l'on cesse de condamner le simulacre pour au contraire...
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La démocratisation de la culture
Après des vacances méritées, je tombe sur un article à propos de la démocratisation de la culture. L’auteur se félicite que la démocratisation favorise l’éclosion de plus en plus de livres, et donc de plus de talents. Qu'on y apporte un petit bémol. La...
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Le bus pour Samarkand
Enumérons les forces en présence. Un vieux bus rouillé, qui nécessite près de 19 heures de route pour relier Ourgentch à Boukhara. Une chaleur de four, près de 50°C à l'ombre, et pas le moindre espoir d'un coup de vent. Toutes les fenêtres sont condamnées....
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La littérature
« Les peuples où les hommes pensent que la littérature n’est qu’un loisir sont des peuples perdus. La littérature est un plaisir , mais non un loisir ni une distraction. La littérature, c’est la sève même de la vie, restituée de manière infalsifiable....
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Le camion de pompiers
A mon père Un jour mon père m’offrit un camion de pompier Pour avoir bravement enduré la souffrance De trois points de suture qu’on m’avait faits au front – J’étais fier comme un paon : j’avais pris l’ambulance Je ne sais pas pourquoi je perdis ce camion...
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Le don de soi-même
« Prenez donc tout de moi : le sens de ces poèmes Non ce qu’on lit, mais ce qui paraît au travers malgré moi Prenez, prenez : vous n’avez rien. Et où que j’aille, dans l’univers entier, Je rencontre toujours Hors de moi comme en moi, L’irremplissable...
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L'infalsifiable
« Il y a depuis la petite enfance jusqu'à la tombe, au fond du cœur de tout être humain, quelque chose qui malgré toute l'expérience des crimes commis, soufferts et observés, s'attend invinciblement à ce qu'on lui fasse du bien et non du mal. C'est cela...
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