Top articles
-
Le « Nez » de Fragonard
Chaque jour, pendant l’été, plusieurs centaines de personnes ont la chance de visiter l’usine de fabrication des parfums Fragonard, à Grasse. Ce bâtiment permet de découvrir les différentes étapes de l’élaboration d’un parfum, salle après salle, de la...
-
One night in Delhi
sur un rythme lourd et entêtant One night in Delhi Echoppes débordant d’huile Le long des porches noirs De graille et de friture Murmures appesantis Le braille des klaxons Des gens de Main Bazar Le morse des voitures Chiens de ville innocents Rickshaws...
-
La ville
L’observation du monde nous apprend à demeurer humble Chacun reste à sa place A quoi sert-il de se hisser au-dessus des autres si c'est pour terminer tous au même endroit ? L’humilité n’est pas facile Mais elle a au moins cette faculté de laisser croire...
-
Veilleur de nuit (II)
Deuxième nuit. Je me dis d’emblée : ne serait-il pas intéressant d’écrire une nouvelle dans un hôtel ?... Un veilleur de nuit qui découvrirait quelque chose de bizarre, et qui en tirerait le fil d'une intrigue dans ce huis clos ?… J’y pense et puis j’oublie....
-
Où sont passés les grands écrivains ?
Il y a quelques années de cela, à la télévision, j’ai assisté à un débat sur la question : « Y a-t-il encore de grands écrivains ? ». Le relativisme culturel dans lequel nous vivons encourage en effet à ce que l’on se pose ce genre de questions. S’il...
-
Doc & Nabo
Il y a quelques années de cela, j’ai fait un rêve amusant. C’était le matin et c'était, je me souviens, mon radio-réveil qui l’avait induit dans mes pensées, car je l’écoutais en me réveillant. Il s’agissait d’une conversation entre Nabokov et le psychologue...
-
L’eau, la source de la vie
Dans mon quartier, il y avait un jeune dealer qui faisait du trafic, juste en bas de chez moi. De l’herbe, du shit, tout ce qu'il pouvait. Il avait une grosse barbe marron, qui devait cacher des cicatrices, et des yeux noirs profonds. Il allait régulièrement...
-
Comment la littérature est de plus en plus coupée du réel – et le littérateur de son public
Un jour, je me souviens, Edouard Balladur s’est fait moquer sous prétexte qu’il ne connaissait pas le prix d’un ticket de métro. On raillait par là même sa déconnexion du réel, et de l’homme de la rue qu’il est censé en tant qu’homme politique représenter....
-
La beauté est au coin de la rue
La beauté, paraît-il, est au coin de la rue Mais j'y suis allé : elle n'y était pas A la place s'était substitué un bazar des télécommunications « Téléphoner tout à dix balles » La beauté, désormais, s'est déportée dans le combiné de nos téléphones Dans...
-
Les participes présents
« Cherchez les participes présents, vous les trouverez partout, lupulant telle une multiplicité moléculaire de petites cornes de novlangue – attention au risque de psychose. Remontant plus ou moins loin dans le passé, vous constaterez que ceux qui s'appelaient...
-
Nouvelles, de Salinger
Il y a bien longtemps que je n’avais pas lu des nouvelles aussi bonnes. Je connaissais Salinger par L’attrape-coeurs (qu’il est cependant plus tendance d’appeler « The catcher in the rye ».) J’avais entendu dire que la mort du grand écrivain serait l’occasion...
-
La réponse des ressources humaines
Cette lettre est une réponse à la lettre de candidature de Robert Walser (voir précédent article ) Cher Monsieur Wenzel, Veuillez d’abord nous excuser pour le retard que nous avons pris à vous répondre. Cela ne nous est pas coutumier. Sachez que si nous...
-
La promotion de la médiocrité
« S'il entend réellement baigner dans la magie d'un livre de génie, le lecteur avisé le lira non pas avec son coeur, non pas avec son esprit, mais avec sa moelle épinière : c'est là que se produit le frisson révélateur... » V. Nabokov La médiocrité, de...
-
Mille-feuille de la laideur
Le mille-feuille de la laideur, c’est le mille-feuille de la vie. Je connaissais une grand-mère qui disait que la vie, c’était comme un « gros gâteau de m... » – et que tous les jours, il fallait en manger une tranche. Je ne trouve pas la formule très...
-
Lendemain de fête
[...] Le lendemain matin, luttant contre les remontées acides du pétillant chilien, nous dévalons les pentes du cerro Otto . Dans une ambiance printanière. Nous sommes escortés par quatre bassets qui nous mordillent les semelles. Assez souvent, par le...
-
Les monstres (et leurs pourvoyeurs)
90% des livres ne sont pas de la littérature, ni de l'art, ni de la culture, mais des produits culturels. C'est-à-dire que leurs auteurs, éditeurs et prescripteurs ont parfaitement intégré la compromission au monde de la Marchandise dans leur cahier des...
-
Les personnages : Néva
Après avoir planté le décor du passage Jouffroy ( Veilleur de nuit ), je vais évoquer les personnages qui l’habitent. Néva faisait partie du personnel de l’hôtel Liszt. Etant un fervent amateur de littérature russe, la simple évocation de sa géographie...
-
Veilleur de nuit (IV)
Il est deux heures moins le quart. J’achève ma deuxième ronde. L’hôtel est calme, presque désert. Seuls trois clients restent encore à arriver. Je ne les attends pas. Je m’allonge sur le divan, en sachant qu’à tout moment, l'un d'eux risque d'arriver....
-
Sur le papier toilette ouzbek
Vous a-t-on jamais parlé du papier toilette ouzbek ?... S’il existait une échelle pour mesurer le grain et l’efficacité du papier à gratter (et je ne doute pas, en y réfléchissant, qu’il doit bien en exister une), le papier hygiénique ouzbek serait certainement...
-
Les silences de la ville
Les silences de la ville Myriades de fenêtres Me reviennent à présent Qui transpercent la nuit Les hautes tours, fragiles Comme des cibles muettes Les bureaux transparents Pour archers de l’Ennui Passerelles enchevêtrées Les silences de la ville Dallages...
-
Les aumônes d'autrui
« Notre vie d'adultes se borne à faire l'aumône aux autres. Nous vivons tous des aumônes d'autrui. Nous gaspillons notre personnalité en orgies de coexistence. Chaque parole prononcée nous trahit. Le seul moyen de communication tolérable est la parole...
-
La vie spectrale
Tous ceux qui ne sont plus capables de lire, ni de regarder une oeuvre d'art, ni de se concentrer sur quelque chose un peu longtemps, ne sont plus présents au monde autrement que pour cliquer, consommer ou regarder des images avec des yeux énamourés d'esclaves...
-
Montpelliéreine
Les amoureux aussi arrivent à s’ennuyer J’en ai vu un exemple, hier à Montpellier Ils étaient tous les deux, près d’un lac, en tailleur Ou peut-être un moulin – enfin, disons : Ailleurs L’ombre d’un grand cyprès retombait sur leur corps Qui me semblaient...
-
Annus Covidus
« Toujours est-il que cette inaptitude à nommer le mal par un vrai nom commun pas trop imprononçable, assez universel et à peu près simple, comme on disait jadis la peste, la gale, le choléra, la grippe ou la guerre, ces maux historiques donc bien nommés,...
-
La solitude
« Rien n'a d'importance, et je crois que bien des gens ont considéré la vie comme un enfant turbulent, en soupirant après le calme qu'ils allaient enfin connaître quand il irait se coucher. » Pessoa Je crois que l'un des plus justes pressentiments de...
/image%2F0668938%2F20260224%2Fob_5ed088_blog.jpg)