Publié le 21 Mai 2024
Après des vacances méritées, je tombe sur un article à propos de la démocratisation de la culture. L’auteur se félicite que la démocratisation favorise l’éclosion de plus en plus de livres, et donc de plus de talents. Qu'on y apporte un petit bémol. La démocratisation est aussi le moyen de favoriser l’apparition d'auteurs de second ordre, de fausses vocations, de littérature sans talent. On nous dupe au démarrage, avec l'idée d'une lecture qui nous ressemblerait, à laquelle on pourrait s'identifier. Mais il ne s'agit pas ici de la culture, mais de produits culturels. La littérature n’est pas faite pour qu'on s'identifie. Elle est faite pour évoquer, susciter, mettre en résonance. Relier des sensibilités entre elles. Nous ouvrir à d'autres mondes. A ce dont nous n'avons pas forcément l'habitude. Il y a donc de fortes chances pour que cette démocratisation ne fasse que noyer le poisson. L'immense masse de producteurs de livres va se retrouver confrontée à l'indifférence générale, à la surdité mentale, et au silence radio. A contrario, ceux qui prétendent que cette démocratisation risque de ruiner l’amour du livre physique, en y substituant le livre numérique, se trompent. Le changement des usages est bien sûr toujours souhaitable, à terme, mais peut-être plus pour ceux qui en bénéficient que pour ceux qui la produisent. C’est là tout le hiatus. Tout le monde désormais peut s'improviser écrivain, peintre, ou sculpteur. Mais de moins en moins de gens le sont vraiment.
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