Publié le 10 Juin 2025
Certains cris d'oiseaux crissent comme une craie sur le tableau noir dans les ciels d'été le soir
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n.m. (botanique) : petit arbuste sud-américain, connu pour ses vertus prophylactiques et médicinales ; n.f. (folklore) : "La bolée noire", en breton ; Bol-du (avoir du) : verlan de du-bol, dans le jargon du 9-3
Publié le 10 Juin 2025
Certains cris d'oiseaux crissent comme une craie sur le tableau noir dans les ciels d'été le soir
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Publié le 3 Juin 2025
« Aujourd’hui, d’après ce que j’en ai observé hier, le Rémois a l’air de revenir d’avoir fait ses courses à l’Intermarché. Il porte des anoraks sans panache et des cheveux gras. Ses pantalons tirebouchonnent avec un pittoresque qui n’est que le pastiche de la couleur locale. Il boit du Coca-Cola, se gave de hamburgers aux oignons, lit les journaux de petites annonces et boude les films d’Éric Rohmer. Parfois il mendie à l’entrée des magasins et fume des cigarettes roulées entre les pouces et les index. Les gros ne boudinent plus en majesté, mais comme des camionneurs. Les grosses femmes ne sont plus peintes par Ingres, mais dessinées par Reiser ou par Willem. Les maigres des deux sexes donnent le sentiment d’être malades. L’abus de piercings semble les avoir vidés de leur sang. Ils se traînent sur les trottoirs et ne cherchent pas toujours à éviter les déjections canines qui abondent, même dans le centre-ville et les quartiers historiques. Des cannettes de bière ordinaire sont abandonnées sur les marches des églises ou jonchent l’herbe pelée autour des bancs dans les squares. L’hôtel de ville prend un aspect de casernement en temps de guerre. Dans les bars, des pianistes somnolents taquinent l’ivoire à poings fermés. Les artistes sont barbus, comme dans les pires moments des siècles passés. »
Franz Bartelt, Le jour où je suis retourné à Reims
Publié le 27 Mai 2025
« Pour qui sont ces sirènes qui sifflent dans nos têtes ? »
Comment ne pas entendre toutes ces sirènes hurlantes
Gyrophares dans les rues
Écrits dans la tourmente
Comment ne pas entendre, Paris devenant New York,
Ces longs cris de détresse qui envahissent les rues
Comment ne pas entendre
Dix ou vingt fois par jour
Le son des ambulances qui vont sauver des gens
Comment ne pas entendre les pompiers bourdonnants
Comment ne pas entendre la flicaille et ses rangs
Comment ne pas les voir ? Comment ne pas savoir
Que dix ou quinze minutes
Désormais seuls s'espacent
Entre deux cris, deux crimes, quinze alarmes, quinze SOS
Comment ne pas sentir qu'au fond ces quinze appels
Sont peut-être des cris lancés sans nul espoir
Peut-être des fausses alarmes ?
Peut-être de faux SOS ?
Comment ne pas savoir que le temps dilaté
Dans le cours lancinant de ces mornes sonneries
Nous fait croire au mépris
Et nous mène au silence
Et à l'indifférence
Mais que ce sont pas moins de huit milliards d'hommes, désormais, chaque minute et chaque jour,
Qui appellent au secours sans espoir de recours.
Publié le 20 Mai 2025
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Voici un essai qui m'a à la fois réconforté et inquiété. Réconforté parce que c'est ce que je dis depuis dix (ou vingts ?) ans, avec pour corollaire au terme d'hypnose ou de transe que vivent les citoyens occidentaux contemporains, le mot de Désincarnation. Le terme d'hypnocratie me paraît cependant mieux épouser le concept de dépossession de soi en 2025. Inquiéter parce qu'il reprend sans le savoir une idée que j'avais mise en place dans une nouvelle, Le dictateur incorporel, quinze ans auparavant, pour incarner son propre concept. (L'auteur qui n'existe pas, tout le monde qui est bluffé, les média et les prescripteurs qui s'en sont faits les complaisants relais...). Sachant que la supercherie a finalement été révélée, jusqu'où va-t-on aller dans le fake, et dans le fake du fake, et le fake du fake qui a conscience de soi, pour nous montrer l'imposture généralisée dans laquelle nous sommes en train de basculer, sous prétexte de laisser les clés du pouvoir à notre monde-machine, et nous déresponsabiliser dans toutes nos prérogatives et potentialités ?
Publié le 13 Mai 2025
« Des écrivains, il y en a d’horribles, de mauvais, de passables, des bons et d’excellents. Il y en a même de géniaux. Mais il en est aussi d’autres dont la qualité, même si on n’hésite pas à la leur reconnaître, est quelque chose de secondaire. Ce sont les écrivains qui créent une dépendance, ou dit d’une autre façon, ceux avec lesquels le lecteur établit une relation qui ressemble plus à celle du supporter de football avec son équipe ou à celle de la gamine de quinze ans avec son idole musicale. De ces auteurs on lit tout et on en veut toujours plus ; (…) »
Javier Marias à propos de Thomas Bernhard (et probablement aussi un peu de lui-même)
Publié le 6 Mai 2025
90% des livres ne sont pas de la littérature, ni de l'art, ni de la culture, mais des produits culturels. C'est-à-dire que leurs auteurs, éditeurs et prescripteurs ont parfaitement intégré la compromission au monde de la Marchandise dans leur cahier des charges, et s'en sont faits les relais. Encore une preuve selon moi de ce que j'appelle Désincarnation. Quand on ne joue plus son rôle physique, de filtre ou d'intermédiaire, mais qu'on se cantonne dans un rôle de fusible ou de transmetteur d'une économie, voire d'une idéologie, qui soit-disant nous dépasse. On pourrait croire, et on aime bien le répéter, qu'on n'a pas le choix. Mais en vérité on a toujours le choix – par exemple de décider de faire une chose, ou de la faire accomplir par une IA. C'est même à cela que l'on reconnaît un homme : à sa capacité à se confronter à ses monstres – des monstres qu'en l'occurrence il a lui-même contribué à créer.
Publié le 29 Avril 2025
« Les enfants commencent par aimer leurs parents ; devenus grands, ils les jugent ; quelquefois, ils leur pardonnent. »
Oscar Wilde
Publié le 22 Avril 2025
Une première présentation d'Abel Fourchaumes :
« Quand j’ai commencé la lecture de ce roman, j’ai su immédiatement que j’allais passer un bon moment : des phrases précises, légères, agréables ; un style maîtrisé, parfois maniéré, mais toujours à bon escient. L’auteur manie une plume souple et joueuse, n’hésitant jamais à explorer des tournures audacieuses. Les pages regorgent de trouvailles stylistiques, et très vite, on n’a qu’un désir : poursuivre la lecture, espérant que l’auteur nous mènera jusqu’au bout avec la même virtuosité.
On suit alors Abel Fourchaumes, déambulant dans les rues de Paris, s’égarant dans des lieux improbables, traînant sa carcasse de la banque Bonal à Rome, en passant par un week-end mémorable au fin fond de la Bourgogne. Impossible de ne pas penser à La Conjuration des imbéciles et à ce bon gros Ignatius, qui choque et perturbe tout sur son passage. Abel Fourchaumes est de la même trempe : un personnage haut en couleur, intrépide, rêveur, joueur, traversé de mille passions, et peut-être hanté par une question essentielle : comment être un bon père quand on ne voit jamais son enfant ?
Tout au long du roman, l’auteur nous offre des pages tour à tour hilarantes, touchantes, souvent loufoques, tout en semant çà et là les pièces d’un puzzle dont on espère qu’il se reconstituera peu à peu. Et la magie opère. La lecture devient jouissive. Abel nous touche à chacun de ses gestes. On rit avec lui, on pleure avec lui, on partage ses doutes, ses élans, ses déambulations. Et, lorsque l’on referme enfin ce livre, une certitude s’impose : on ne peut s’empêcher de se dire que l’auteur a réussi et a tenu toutes les promesses annoncées dès les premières pages — et même bien davantage. Un véritable bijou. »
Mike Kasprzak
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Publié le 15 Avril 2025
« Tout bon roman dit la vérité et tout mauvais roman n'est que tissu de mensonges. Car "dire la vérité" pour un roman cela signifie faire vivre au lecteur une illusion et "mentir" être incapable de réussir cette supercherie. »
Mario Vargas Llosa (Arequipa 1936-Lima 2025)

Publié le 8 Avril 2025
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Choisi parmi 777 manuscrits pour ouvrir le bal des publications de la maison, mon quatrième livre va paraître prochainement chez Zéro-édition. Si vous voulez me soutenir, soutenez-les !